Technologies et innovations

Serre de légumes et panneaux solaires pour l'agrivoltaïsme

L’agrivoltaïsme associe une production agricole et une production d’électricité solaire sur une même parcelle. Pour qu’un projet remplisse ce rôle, il ne suffit pas de conserver quelques animaux ou cultures sous des modules : l’agriculture doit rester au cœur de sa conception et de son fonctionnement.

Article actualisé le 26 octobre 2026. Les bénéfices décrits sont des effets à étudier et à mesurer pour chaque site, pas des résultats garantis.

Quelle différence avec une centrale photovoltaïque au sol ?

Une centrale au sol vise d’abord la production électrique. Un projet agrivoltaïque doit répondre à des exigences agricoles spécifiques. En France, le cadre issu de la loi APER de mars 2023 et du décret du 8 avril 2024 distingue ces situations : la présence de panneaux sur une terre agricole ne suffit pas à qualifier une installation d’agrivoltaïque.

Le ministère de l’Agriculture présente le maintien de la production et le bénéfice apporté à l’activité agricole comme des éléments centraux. Les possibilités d’implantation d’une centrale classique sur des terrains agricoles, naturels ou forestiers relèvent d’un autre cadre, notamment des documents identifiant les surfaces concernées.

Quels services les panneaux peuvent-ils apporter ?

Selon la culture, le climat et la conception, une structure peut contribuer à modifier l’exposition au soleil ou aux aléas. L’ombre peut être utile lors de certaines périodes chaudes, mais réduire excessivement la lumière peut aussi pénaliser la croissance ou la qualité de la récolte.

Pour l’élevage, l’accès à l’ombre et la gestion de la parcelle doivent être étudiés avec les besoins des animaux. Pour les cultures, il faut examiner les opérations mécaniques, les hauteurs de passage et la conduite agronomique. Aucun dispositif ne protège automatiquement contre tous les événements météorologiques.

Agriculture et panneaux solaires

Quels indicateurs suivre pour juger un projet ?

  • Production agricole : rendement, qualité et stabilité, en précisant la méthode de comparaison.
  • Conditions de culture ou d’élevage : lumière, eau, températures et contraintes d’exploitation.
  • Production électrique : estimation et mesures, en tenant compte du pilotage et des arrêts éventuels.
  • Économie de l’exploitation : charges nouvelles, revenus contractuels et répartition des responsabilités.
  • Environnement : effets observés sur le sol, l’eau et la biodiversité, sans supposer une amélioration systématique.

Une comparaison doit décrire les années climatiques et les références utilisées. Les résultats d’une vigne ne s’appliquent pas automatiquement au maraîchage ou à une prairie.

Quel cadre réglementaire prendre en compte en France ?

Le décret du 8 avril 2024 a précisé le socle des règles d’implantation, de maintien de l’activité agricole et de contrôle. Les exigences portent notamment sur le caractère principal de l’activité agricole, le service rendu, la production, les revenus et la réversibilité de l’installation.

La procédure fait intervenir les services de l’État et la Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF). Les seuils, exceptions, contrôles et documents à produire dépendent de la situation du projet et des textes applicables. Faites vérifier la version en vigueur auprès de la DDT ou de la DDTM avant de concevoir un dossier ou de signer une convention foncière.

Le cadre ne doit pas être réduit à un seul pourcentage de couverture : l’acceptabilité d’un projet dépend de l’ensemble des conditions. Les autorisations d’urbanisme, les enjeux environnementaux et le raccordement électrique doivent aussi être examinés.

Quelles limites économiques et contractuelles examiner ?

Un revenu de vente d’électricité ou un loyer ne garantit pas la rentabilité agricole. Il faut préciser qui finance, possède, exploite et entretient l’installation, qui supporte les indisponibilités et comment les terres seront remises en état.

Comparez le projet avec la situation agricole sans panneaux. Prenez en compte les incidences sur le travail, les accès, les assurances et les charges, ainsi que les engagements sur la durée. Les règles tarifaires d’une petite toiture résidentielle ne doivent pas être appliquées à une installation agricole de grande puissance.

Vitisolar : un exemple d’étude sur la vigne

Le démonstrateur Vitisolar en Gironde a été inauguré en septembre 2023. Il vise à étudier la cohabitation entre une structure photovoltaïque et une parcelle de merlot. Son intérêt est la mesure des effets, plutôt que l’annonce préalable d’un succès agricole.

Notre présentation de l’expérimentation Vitisolar précise le contexte et les questions suivies. Pour les bases techniques, consultez le principe des panneaux photovoltaïques et les onduleurs solaires. Le guide du solaire sert de point d’entrée vers les équipements, avec des usages différents de ceux d’un projet agricole.

Sources consultées le 26 octobre 2026 : ministère de l’Agriculture : cadre du décret du 8 avril 2024 ; décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 ; INRAE : lancement du démonstrateur Vitisolar.